Nous parlons beaucoup du vieillissement de la population.

Nous parlons de dépendance, de maintien à domicile, d’adaptation des logements, de reste à charge, de recrutement dans les métiers du grand âge ou encore de financement de la Sécurité sociale.

Toutes ces questions sont légitimes. Elles sont même essentielles.

Pourtant, elles ont parfois un point commun : elles abordent le vieillissement essentiellement sous l’angle de la prise en charge.

Or, vieillir ne consiste pas uniquement à avoir besoin d’aide.

Vieillir, c’est continuer à avoir envie d’être utile. Continuer à apprendre. Continuer à transmettre. Continuer à appartenir à une communauté.

Cette dimension est probablement la plus difficile à mesurer. Elle est pourtant au cœur de ce qui fait notre humanité.

Depuis plusieurs années, chez Artyzen, nous accompagnons quotidiennement des personnes âgées à leur domicile.

Nos auxiliaires de vie, nos coordinateurs, nos professionnels entrent dans l’intimité des foyers. Ils ne découvrent pas seulement des besoins d’aide humaine. Ils découvrent des histoires de vie.

Ils voient des personnes qui n’osent plus sortir parce qu’elles ont peur de tomber.

Des conjoints qui deviennent aidants sans jamais avoir choisi ce rôle.

Des enfants qui jonglent entre leur activité professionnelle, leurs propres enfants et un parent dont la fragilité progresse.

Ils voient aussi quelque chose de plus discret.

Le silence.

Un silence qui s’installe progressivement lorsque les relations sociales diminuent, lorsque les occasions de participer disparaissent et que le domicile, pourtant protecteur, devient parfois une frontière avec le reste du monde.

Très rapidement, cette réalité nous a profondément interrogés.

Nous avons pris conscience que nous pouvions accompagner une personne plusieurs heures par semaine et, malgré toute la qualité de cet accompagnement, ne jamais répondre complètement à son besoin fondamental de relation aux autres.

Le domicile est un formidable lieu de vie. Mais il ne peut pas être le seul.

C’est cette réflexion qui est à l’origine de Cœur Agora. Non pas parce qu’il manquerait des activités.

Notre territoire en propose déjà beaucoup. Mais parce qu’il manque parfois des lieux où l’on peut simplement être ensemble, sans être défini par son âge, sa maladie, son handicap ou son statut d’aidant.

Des lieux où l’on retrouve une place dans une communauté.